Synopsis

Chemins de fer est le vécu d’un Homme, vivant, peut-être, qui balbutie entre cette guerre qui l’a complètement ravagé et sa vie d’aujourd’hui qui n’a de sens que dans ses souvenirs. Cet homme qui sert à chaque passant un morceau de souvenir comme un plat de « Ragou kochon » bien pimenté. Les décombres de l’hôpital. Une colline de cadavres qui s’empile. Les morts refusant de mourir. Son père, conducteur de train, qui a passé plus de temps à donner des coups de reins qu’à conduire le train. C’est le récit du « labyrinthe du chaos » qui anéantis toute humanité. 1997, Congo Brazzaville.

Que reste-t-il à l’Homme pauvre ? La dignité ? L’instinct ? Des souvenirs comme une rafale de Kalach ! Et c’est ce qui déclenche cette parole interminable. Ces mots qui sortent tous seul, sans contrôle, qui ne veulent plus s’arrêter, jusqu’à étrangler ce corps qui le porte. Happé par la parole, par ces mots fous qui courent dans tous les sens. Je suis un Homme ordinaire attaqué par les mots de Guerre, de Transe, de Survie.

De Guerre ! La kalachnikov, les obus, le bruit de la ville…Chemins de fer est un parcours, une guerre vécue et expliquée de l’intérieur et c’est important d’être dans son ventre, barricadé. Personne ne sait si le soit disant spectateur sortira vivant de ce crash.

De Transe ! Tout vient de là. Chevauché par les souvenirs. Et ces souvenirs ont un corps, des corps qui volent ton intimité ; qui te protègent de toi-même.

 

Notes

Puisqu’il s’agit de survie la musique triturera toute la pièce ! De la musique. Pourquoi ? Pour respirer. De la musique. Pour survivre. La musique pour échapper à l’obus, pour partager de l’espoir. Les références musicales seront Congolaises, Afro-Américaines, Haïtiennes. 

Ma mise en scène propose cette aventure périlleuse qui lie de façon intime la vie du spectateur et de l’acteur. Ils doivent faire route ensemble, affronter les obus ensemble, respirer la mort ensemble.

Clairement le projet est de mobiliser l’instinct de survie du soi-disant spectateur afin que le vécu de cette guerre puisse retrouver tout son sens. Et pour y parvenir, on a fait appel à cette expérience sensible et organique qu’est la Transe lié au vodou haïtien. Un champ d’écoute, de possibilité immense de créer des nuances et de travailler le rythme du corps et du langage. Ce choix s’est imposé lui-même parce que le vodou a pu restituer à l’homme-esclave-complètement déshumanisé son Humanité. Une ouverture à l’Ethnodrame.  

 

Parcours

Ce spectacle a été créé en 2017 et a été présenté pour la première fois à la FOKAL puis au Festival Quatre Chemins. Ensuite il a fait une tournée dans cinq villes de provinces du pays. En 2018, il a été présenté au FITHEB Festival International de Théâtre du Bénin.

 

Miracson Saint-Val